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Petite définition des déformations du crâne :

Les déformations affectent près de 45% des nouveaux nés, les plus communes étant la plagiocéphalie et la brachycéphalie.

La plagiocéphalie correspond à un aplatissement du crâne sur la face postéro-latérale du crâne (côté) alors que la brachycéphalie correspond à un aplatissement postérieur et médian du crâne (au milieu).

Les premiers symptômes peuvent être observés dès la naissance si l’enfant présente un torticolis congénital et à partir de 4 semaines pour la déformation du crâne acquis après la naissance.

D’où provient cette déformation ? 

Son incidence a augmenté depuis les campagnes menées contre la mort subite du nourrisson qui incitent les parents à faire dormir les nouveaux nés sur le dos. Ces campagnes ont permis de réduire considérablement les morts subites du nourrisson.

Dans nos sociétés moderne, les parents sont très occupés et les jeunes mamans reprennent le travail très rapidement après l’accouchement. L’enfant bénéficie de moins d’attention qu’auparavant et est moins porté. On pourrait penser que le nouveau né est mieux dans son cosy que dans les bras. Mais trop de temps passé dans le cosy engendre des pressions élevées sur la boite crânienne et des positions “vicieuses” adoptées par le bébé qui cherche à se “caler”. Ainsi, l’enfant va prendre une position préférentielle qu’il cherchera toujours à retrouver, ce qui générera une pression accrue sur la zone du crâne en contact avec le support.

Une autre cause de déformation est le torticolis congénital qui est décelé dès la naissance et dont la prise en charge précoce en kinésithérapie permet de limiter voir supprimer l’apparition de met plat sur le crâne.

Si elle n’est pas traitée, la déformation crânienne aura des conséquences sur le futur de l’enfant : principalement esthétiques. Les déformations plagiocéphaliques sont maladroitement associées à un défaut de développement moteur et intellectuel par le commun des mortel alors qu’il n’y a aucune conséquence neurologique liée à cette déformation.

Le casque est-il une solution pour mon enfant ?

Le casque est une option thérapeutique envisagée de manière plus ou moins fréquente suivant les pays. Les professionnels s’accordent à dire qu’il faut que le patient soit pris en charge le plus tôt possible pour que le traitement soit efficace (deux premiers mois de vie). Mais l’orthèse est généralement prescrite beaucup plus tard (7,6 mois en moyenne) lorsque les autres traitements ont échoué. Le principe de l’orthèse crânienne est de rediriger le processus de croissance du crâne (1). 

Les orthèses sont fabriquées grâce à un plâtre ou scanner 3D. Elles peuvent être classifiés en orthèses actives ou passives selon si la pression appliquée sur la partie bombée du crâne ou non. Les orthèses actives appliquent une pression sur la partie bombée du crâne alors que les orthèses passives laissent de l’espace à la partie plate. L’élargissement du crâne se poursuivra vers la zone avec le moins de pression. La durée et l’arrêt du traitement ne sont pas clairement définit (5).

Ce traitement est-il sans contrainte ?

Chaque solution présente des avantages et des inconvénients.
Le casque est porté (selon les indications) 23 heures sur 24 durant en moyenne 3,7  à 7 mois : période où l’enfant est en plein développement moteur. Les enfants orientés vers ce traitement sont plus souvent des enfants pour lesquels le diagnostic a été posé tardivement et pour lesquels les autres traitements (positionnement et physiothérapie) ont échoué (2).

Malgré de nombreux rapports sur la balance bénéfice risque de ce type de traitement, la plupart des études manquent de méthodologie et les conclusions fondées sur les preuves sont compromises. En 2014, une étude randomisée et contrôlée ayant fait deux groupes d’enfants atteints de déformations crâniennes répartis de manière aléatoire dans un groupe de traitement manuel et un groupe de traitement par casque, a démontré que les effets secondaires et le coût élevé de l’orthèse n’étaient pas à la hauteur des résultats attendus. En effet, les résultats montrent que l’évolution pour la plagiocéphalie et la brachycéphalie est la même pour les deux groupes. Dans le groupe de traitement par casque, tous les parents ont signalé un ou plusieurs effets secondaires (3).

En conclusion : 

La tolérance du casque est très discutable avec des risques de plaies liées à la pression, érythèmes, infections de la peau, des difficultés à ajuster le casque dans certains cas et un impact psychologique non négligeable.

Porté à l’âge où le développement moteur est à son maximum, le casque peut être inconfortable pour l’enfant.

L’orthèse n’est jamais proposée en première intention et la balance bénéfice-risque est en défaveur de ce traitement qui est en plus très coûteux (entre 500 et 1500 euros en France non remboursé) (4).

Cet article est basé sur une revue de la littérature dont la bibliographie est développée ci-dessous. Si vous souhaitez en savoir plus sur les causes et le traitement de la plagiocéphalie, n’hésitez pas à prendre rendez vous au cabinet à Bordeaux, contactez-moi !

Kiné bébé bordeaux quinconces mathilde elind plagiocéphalie

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Bibliographie :

(1) Binkiewicz-Glińska AMianowska ASokołów MReńska A,  Ruckeman-Dziurdzińska KBakuła SKozłowska E, Early diagnosis and treatment of children with skull deformations. The challenge of modern medicine. Dev Period Med.  2016;20(4):289-295.

(2) Cabrera-Martos I., Valenza M-C., Benitez-Feliponi A., Robles-Vizcaino C., Ruiz-Extremera A.,, Valenza-Desmet G. Clinical profile and evolution of infants with deformational plagiocephaly included in a conservative treatment program. Childs Nerv Syst. 2013;29(10):1893-8.

(3) Renske M van Wijk, PhD candidate, Leo A van Vlimmeren, senior researcher in paediatric physiotherapy, Catharina G M Groothuis-Oudshoorn, biostatistician, Catharina P B Van der Ploeg, epidemiologist, Maarten J IJzerman, professor, Magda M Boere-Boonekamp, associate professor of youth health care, Helmet therapy in infants with positional skull deformation: randomised controlled trial, BMJ, 2014, 348.

(4) Wilbrand J-F., Wilbrand M., Malik C-Y., Howaldt H-P., Streckbein P., Schaaf H., Kernmann H. Complication in helmet therapie. Journal of cranio-maxillo-facial surgery. 2011;40:341-346.

(5) Volkan Etus, Burcu Goker, Helmet Therapy for Positional Cranial Deformities in Children, JSM Pediatric Neurology, 2017, 2-3.